Jouez avec les Sons : Un Exercice d’Écriture en Phonétique
Mis à jour le 9 juin, 2025 par Mylene dans Phonétique ▪
Dans cette séance de pratique, je vous guide à travers une approche méthodique pour améliorer vos compétences en prononciation française. Je vous invite à découvrir une approche originale en explorant un texte de la célèbre écrivaine francophone Colette. À travers ses mots, pleins de poésie et de finesse, nous travaillerons votre prononciation tout en vous immergeant dans l’élégance de la littérature française. En lisant à haute voix, en identifiant les caractéristiques phonétiques clés, et en recevant des retours immédiats grâce à la vidéo de correction, vous serez un pas plus proche de parler français comme un natif. Préparez-vous à jouer avec les sons et à donner vie à chaque syllabe !
Exercice de prononciation
- Lire le texte deux fois.
- Trouver les liaisons.
- Trouver les enchainements consonantiques.
- Repérer les E muet à l’intérieur des mots.
- Si vous êtes à l’aise avec l’Alphabet phonétique International, vous pouvez également tenter d’écrire le texte grâce à l’API (Optionnel)
- Lire le texte à voix haute.
- Regardez la vidéo de correction.
Les règles
- La liaison : la liaison s’effectue entre une consonne normalement muette et la voyelle du mot qui suit.
- L’enchainement consonantique : l’enchainement s’effectue entre une consonne habituellement prononcée et la voyelle du mot qui suit.
- Le E muet : dans un mot, si le son /ə/ se situe après une seule consonne prononcée alors on peut supprimer le son /ə/. Exemple : On ne prononce pas le /ə/ dans le mot samedi.
Texte en français
Extrait de la maison de Claudine de Colette. Chapitre la “fille de mon père“
C’était la première fois que ma mère m’accusait de mensonge chronique. Tout ce qu’une adolescente porte en elle de dissimulation perverse ou délicate chancela brusquement sous un profond regard gris, divinateur, désabusé… Mais déjà la main posée sur mon front se retirait, légère, et le regard gris, retrouvant sa douceur, son scrupule, quittait généreusement le mien :
Je l’ai bien soignée après, tu sais, la fille de mon père… J’ai appris. Elle est devenue jolie, grande, plus blonde que toi, et tu lui ressembles, tu lui ressembles… Je crois qu’elle s’est mariée très jeune… Ce n’est pas sûr. Je ne sais rien de plus, parce que mon père l’a emmenée, plus tard, comme il l’avait apportée, sans daigner nous rien dire. Elle a seulement vécu ses premières années avec nous, Eugène, Paul, Irma et moi, et avec Jean le grand singe, dans la maison où mon père fabriquait du chocolat. Le chocolat, dans ce temps-là, ça se faisait avec du cacao, du sucre et de la vanille. En haut de la maison, les briques de chocolat séchaient, posées toutes molles sur la terrasse. Et, chaque matin, des plaques de chocolat révélaient, imprimé en fleurs creuses à cinq pétales, le passage nocturne des chats… Je l’ai regrettée, la fille de mon père, et figure-toi, Minet-Chéri… La suite de cet entretien manque à ma mémoire. La coupure est aussi brutale que si je fusse, à ce moment, devenue sourde. C’est qu’indifférente à la fille-de-mon-père, je laissai ma mère tirer de l’oubli les morts qu’elle aimait, et je restai rêveusement suspendue à un parfum, à une image suscités : l’odeur du chocolat en briques molles, la fleur creuse éclose sous les pattes du chat errant.
Texte avec la transcription phonétique
C’était la première fois que ma mère m’accusait de mensonge chronique.
se tɛ la pʁə mjɛʁ fwa kə ma mɛʁ ma ky zɛ də mɑ̃ sɔ̃ʒ kʁo nik.
Tout ce qu’une adolescente porte en elle de dissimulation perverse ou délicate chancela brusquement sous un profond regard gris, divinateur, désabusé…
tu sə ky na do le sɑ̃t pɔʁ tɑ̃ nɛl də di si my la sjɔ̃ pɛʁ vɛʁ su de li kat ʃɑ̃ sə la bʁys kə mɑ̃ su zɛ̃ pʁɔ fɔ̃ ʁə gaʁ gʁi, di vi na tœʁ, de za by ze…
Mais déjà la main posée sur mon front se retirait, légère, et le regard gris, retrouvant sa douceur, son scrupule, quittait généreusement le mien.
mɛ de ʒa la mɛ̃ po ze syʁ mɔ̃ fʁɔ̃ sə ʁə ti ʁɛ, le ʒɛʁ, e lə ʁə gaʁ gʁi, ʁə tʁu vɑ̃ sa du sœʁ, sɔ̃ skʁy pyl, ki tɛ ʒe ne ʁøz mɑ̃ lə mjɛ̃.
Je l’ai bien soignée après, tu sais, la fille de mon père… J’ai appris.
ʒə le bjɛ̃ swa ɲe a pʁɛ, ty sɛ, la fij də mɔ̃ pɛʁ… ʒe a pʁi.
Elle est devenue jolie, grande, plus blonde que toi, et tu lui ressembles, tu lui ressembles…
ɛ lɛ dəv ny ʒo li, gʁɑ̃d, ply blɔ̃d kə twa, e ty lɥi ʁə sɑ̃bl, ty lɥi ʁə sɑ̃bl…
Je crois qu’elle s’est mariée très jeune… Ce n’est pas sûr.
ʒə kʁwa kɛl sɛ ma ʁje tʁɛ ʒœn… sə nɛ pa syʁ.
Je ne sais rien de plus, parce que mon père l’a emmenée, plus tard, comme il l’avait apportée, sans daigner nous rien dire.
ʒə nə sɛ ʁjɛ̃ də plys, paʁ sə kə mɔ̃ pɛʁ la ɑ̃m ne, ply taʁ, kɔ mil la vɛ a pɔʁ te, sɑ̃ dɛ ɲe nu ʁjɛ̃ diʁ.
Elle a seulement vécu ses premières années avec nous, Eugène, Paul, Irma et moi, et avec Jean le grand singe, dans la maison où mon père fabriquait du chocolat.
ɛ la sœl mɑ̃ ve ky se pʁə mjɛʁ za ne a vɛk nu, ø ʒɛn, pɔl, iʁ ma e mwa, e a vɛk ʒɑ̃ lə gʁɑ̃ sɛ̃ʒ, dɑ̃ la mɛ zɔ̃ u mɔ̃ pɛʁ fa bʁi kɛ dy ʃo ko la.
Le chocolat, dans ce temps-là, ça se faisait avec du cacao, du sucre et de la vanille.
lə ʃo ko la, dɑ̃ sə tɑ̃ la, sa sə fə zɛ a vɛk dy ka ka o, dy sykʁ e də la va nij.
En haut de la maison, les briques de chocolat séchaient, posées toutes molles sur la terrasse.
ɑ̃ o də la mɛ zɔ̃, le bʁik də ʃo ko la se ʃɛ, po ze tut mɔl syʁ la te ʁas.
Et, chaque matin, des plaques de chocolat révélaient, imprimé en fleurs creuses à cinq pétales, le passage nocturne des chats…
e, ʃak ma tɛ̃, de plak də ʃo ko la ʁe ve le, ɛ̃ pʁi me ɑ̃ flœʁ kʁø za sɛ̃k pe tal, lə pa saʒ nɔk tyʁn de ʃa…
Je l’ai regrettée, la fille de mon père, et figure-toi, Minet-Chéri…
ʒə le ʁə gʁɛ te, la fij də mɔ̃ pɛʁ, e fi gyʁ twa, mi nɛ ʃe ʁi…
La suite de cet entretien manque à ma mémoire.
la sɥit də sɛ tɑ̃ tʁə tjɛ̃ mɑ̃ ka ma me mwaʁ.
La coupure est aussi brutale que si je fusse, à ce moment, devenue sourde.
la ku py ʁɛ to si bʁy tal kə si ʒə fys, a sə mɔ mɑ̃, dəv ny suʁd.
C’est qu’indifférente à la fille-de-mon-père, je laissai ma mère tirer de l’oubli les morts qu’elle aimait, et je restai rêveusement suspendue à un parfum, à une image suscités :
sɛ kɛ̃ di fe ʁɑ̃ ta la fij də mɔ̃ pɛʁ, ʒə le se ma mɛʁ ti ʁe də lu bli le mɔʁ kɛ lɛ mɛ, e ʒə ʁɛs tɛ ʁɛ vøz mɑ̃ sys pɑ̃ dy a ɛ̃ paʁ fɛ̃, a y ni maʒ sy si te :
l’odeur du chocolat en briques molles, la fleur creuse éclose sous les pattes du chat errant.
lo dœʁ dy ʃo ko la ɑ̃ bʁik mɔl, la flœʁ kʁøz e klɔz su le pat dy ʃa e ʁɑ̃.
La vidéo
Pour aller plus loin
Maîtriser la prononciation du français est un art qui demande patience, persévérance et une touche de créativité. Bien plus qu’une simple question de technique, il s’agit de capturer la musicalité et la richesse de la langue pour s’exprimer avec aisance et authenticité. Que vous soyez apprenant de la langue ou locuteur natif souhaitant polir votre diction, des exercices variés et réguliers sont la clé pour progresser.
En somme, cet exercice de prononciation à travers le texte de Colette vous offre une manière ludique et enrichissante d’affiner votre diction. Pratiquez régulièrement, jouez avec les sons et laissez-vous porter par la musicalité de la langue française. À vos stylos et à vos voix, prêt, prononcez ! Rejoignez le cours en ligne.

